A. Qu'est-ce que la sélection sanitaire ?

1. Sélection massale

La sélection massale sensu stricto n'est pas une sélection sanitaire : c'est l’acte de choisir et de multiplier une souche plutôt qu’une autre parmi une même variété. Il n’y a aucune indication relative au nombre de souches ou aux critères de la sélection (compétence du sélectionneur, qualité sanitaire etc…). Empirique, ce mode de sélection était le seul pratiqué jusqu’au début des années 70 : en partant d’une vieille parcelle, le viticulteur prélevait les bois des souches qui lui semblaient les plus intéressantes et il les multipliait dans le but de les replanter, mais sans réaliser de tests sanitaires. Très risquée au plan sanitaire et trop imprécise au plan agronomique et œnologique, la sélection massale sensu stricto est fortement déconseillée.

Si de nombreux vignerons reparlent aujourd'hui de sélection massale, et même de « leur propre sélection massale », il s'agit le plus souvent de sélection massale faite au sein d'une population issue de clones (voir paragraphe sélection clonale ci-dessous), ce qui n'a évidemment rien à voir avec la sélection massale sensu stricto.

Tous les virus (voir ci-dessous) sont des parasites obligatoires contre lesquels il n’existe pas de méthode de lutte directe. Comme aucune variété cultivée de vigne n’est résistante aux viroses connues, des plants initialement sains peuvent dégénérer au bout d'un certain nombre d'années (contamination possible à partir d'autres parcelles infectées). De ce fait, réaliser sa propre sélection massale même à partir de parcelle initialement saine issus de clones agrées n'est pas sans risque. La sélection sanitaire et le contrôle des vecteurs naturels des virus sont aujourd’hui les seules stratégies qui permettent de réduire la propagation des viroses.

C’est parce que la sélection massale sensu stricto ne permettait pas d’atteindre tous les objectifs agronomiques, œnologiques et surtout SANITAIRES que la sélection clonale a été mise en place.

 

 

2. Sélection clonale

La sélection clonale est l'obtention de plants sains non porteurs de viroses graves, donnant de façon régulière et homogène de bonnes performances culturales et œnologiques pour des vins de qualité.

« Un clone est la descendance végétative conforme à une souche choisie pour son identité indiscutable, ses caractères phénotypiques et son état sanitaire », définition de l'Office International de la Vigne et du Vin (OIV).

La sélection clonale est réalisée selon une procédure précise faisant appel à un savoir-faire et à des techniques qui ont été développés à l’ENTAV (Établissement National Technique pour l'Amélioration de la Viticulture) et ses partenaires (en particulier les Chambres d’Agriculture) depuis 1962.

Les principaux objectifs sont d’améliorer le potentiel du matériel végétal viticole tout en conservant l’ensemble des caractéristiques et l’identité de chaque variété ainsi que la diversité génétique de chaque variété. La mise en place d'un conservatoire de clones permet de RASSEMBLER en un même lieu et dans un parfait état sanitaire la biodiversité d'un cépage rencontrée dans les différents vignobles français et étrangers.

 

La sélection clonale est un processus long réalisée selon un schéma précis. Depuis les prospections menées dans des vieilles parcelles ou la présélection dans des conservatoires régionaux, jusqu’à l’agrément d’un clone et sa multiplication, il se passe en moyenne 15 ans. En effet, les programmes de sélection sanitaire et de sélection génétique nécessitent plusieurs années d’analyses et d’observations avant de pouvoir demander l’agrément à la section vigne du Comité Technique Permanent de la Sélection des plantes cultivées (CTPS). 

 

Les étapes de la sélection sont les suivantes :

                    prospection dans le vignoble (vieilles parcelles , conservatoires[1]...)

                    contrôle sanitaire

                    création d'une collection[2] de clones

                    nouveaux contrôles sanitaires et analyse des performances

                    agrément des clones par le CTPS

                    pré-multiplication en familles agréées du vignoble de sélection

                    multiplication par les producteurs de bois de vignes et pépiniéristes

 

Les contrôles sanitaires consistent en la recherche de maladies à virus, principalement : le court-noué (Grapevine Fanleaf Virus – GFLV et Arabis Mosaïc Virus – ArMV), l'enroulement (Grapevine LeafRoll associated Virus – GLRaV), la marbrure (Grapevine Fleck Virus -GfkV), le complexe du bois strié ou Cannelures (Rupestris Stem Pitting – RSP / Kober Stem Grooving – KSG / Grapevine Corky Bark – GCB), la nécrose des nervures (Grapevine Vein Necrosis – GVN) et la mosaïque des nervures (Grapevine Vein Mosaic – GVM).

 

Les techniques utilisées actuellement sont :

                    l’indexage par greffage ligneux qui consiste à placer un greffon du clone à tester sur une bouture (dont un des bourgeons est conservé) d’une variété qui exprime et montre facilement les symptômes spécifiques de la virose recherchée (variété indicatrice).

                    l’indexage par greffage herbacé qui repose sur le même principe mais fait appel à la méthode de la greffe bouture herbacée qui permet une apparition des symptômes plus rapide en serre.

                    le test ELISA (Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay), technique sérologique

                    le test RT-PCR (Reverse Transcriptase - Polymerase Chain Reaction), technique génomique

 

Seuls les résultats obtenus par l’indexage ligneux ou herbacé (techniques biologiques) sont retenus pour l’agrément des clones.

 

Si un viticulteur souhaite accroître la diversité du patrimoine génétique de son vignoble, plutôt que d'envisager « sa propre sélection massale », très risquée au plan sanitaire comme évoqué précédemment, il peut y parvenir en privilégiant ce que l'on appelle aujourd'hui la plantation de « polyclonales », c'est à dire en multipliant (diversifiant) le nombre de clones d'un même cépage sur une même parcelle.

 

Cette pratique se fait d’ailleurs couramment pour les porte-greffes : en fonction de la configuration d'une parcelle destinée à la plantation (pente, type de sols...), le fait d'installer plusieurs porte-greffes sur une même parcelle permet d’adapter au mieux le porte-greffe au sol et de diversifier les comportements viticoles et œnologiques : précocité au débourrement décalées face aux risques de gel, diminution des risques de coulure, aptitudes œnologiques diversifiées, etc...



[1]Un conservatoire de clones est une parcelle assurant le maintien dans un bon état sanitaire et physiologique de clones clairement identifiés ou non (dans ce cas, on parlera plutôt d’accessions) et choisis pour représenter une variété ou un groupe variétal dans sa diversité la plus grande.

Les individus ayant les meilleures potentialités agronomiques sont sélectionnés et reconduits en collection d'étude.

[2]Une collection d’étude est une parcelle expérimentale dont l’objectif est le suivi des clones issus de prospections ou de conservatoires en vue de leur éventuel agrément. Elle ne regroupe que des clones ayant satisfait aux tests sanitaires vis à vis du court-noué et de l’enroulement. Elle répond à un protocole d'installation très précis : nombre de souches, nombre de répétitions par souche, disposition dans la parcelle... Après 5 ans minimum de suivis viticoles et œnologiques avec mini-vinifications expérimentales et dégustation des vins, les souches (têtes de clones) les plus intéressantes sont proposées à l'agrément


B. Historique de la sélection sanitaire du Cot N ou Malbec N à Cahors
 

Le Vin de Cahors a obtenu l’appellation VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure) en 1951.
Le CETA de Luzech (Centre d’Études Techniques Agricoles) a été crée en 1954 pour les besoins de l’encépagement VDQS fait à base de sélection massale du Cot N (greffage en place à l’époque).

En 1967, les premières têtes de clones de Cot ont été la sélectionnées sur un parcellaire expérimental
appartenant à la cave des Côtes d'Oltde Parnac. Au plan technique, ce travail a été effectué par José BAUDEL, ex-directeur de l’IVCC (Institut des Vins de Consommation Courante qui existait avant l’ONIVINS, aujourd’hui devenu FranceAgriMer), par le CETA de Luzech et par la Chambre d’Agriculture du Lot. Les têtes de clones étaient des vignes de Cot, localement Auxerrois ou Malbec, appartenant aux membres du Syndicat de Défense de l’Appellation Cahors, majoritairement coopérateurs à l’époque puisque 70% du Cahors était produit par la Cave des Côtes d’Olt.

 

Pour mémoire, lorsque l’AOC Cahors a été obtenue en 1971, le vignoble comptait 7200 ha de vignes mais à peine 400 ha d’Appellation Cahors dont 30% de Jurançon Noir ou Dame Noire, vignoble non palissé, très présent sur le causse. Le Jurançon Noir ne fait plus partie aujourd'hui des cépages autorisés dans le décret d'appellation. Le reste du vignoble était des hybrides (7053, 18315, 26205, etc...).

 

Les premiers clones de Cot N d'origine cadurcienne ont également été obtenus en 1971 : les clones 42 et 46. Les clones 594, 595, 596 et 598, également d'origine cadurcienne, seront agrées en1978. Des clones de Cot N d'origine bordelaise seront agrées entre temps (180, 279, 353, 419, 592 et 593) mais peu diffusés.

 

En parallèle, en 1975-1976, ont été mis en place sur le site de la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac, 50 ares de Merlot N (2 clones) et 50 ares de Tannat N (3 clones) pour les besoins en greffons des 2 cépages complémentaires de l’appellation. Ils ont été mis en place par le travail du groupe d’entraide et la Chambre d’Agriculture du Lot, et financés par le CETA de Luzech.

 

Pendant ce temps, le vignoble se replantant (arrachages d’hybrides au profit des cépages de l’appellation), les fournitures de greffons de Cot N, de Merlot N et de Tannat N étaient prélevées sur différentes parcelles de sélection massale de qualité.

 

De 1980 à 1983, les travaux de sélection ont été repris dans le même parcellaire expérimental par Mr Philippe LECLAIR (INRA Bordeaux) et par Francis LAFFARGUE (CA46). Il s’agissait de vérifications ampélographiques visuelles de chaque souche en 3 passages :

1.   observation ampélographique en juin, souche par souche, concernant l’aspect du feuillage, le port du cépage et la qualité de la pousse,

2.   observation fin août concernant l’aspect du feuillage et la conformité des grappes,

3.   prélèvement de bois en hiver pour testage de 2 viroses : le court noué et l’enroulement. Les tests étaient réalisés au laboratoire de l’INRA de Bordeaux.

Ces travaux ont abouti à la mise en place d'un conservatoire de clones de Cot N à la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac : 180 têtes de clones de Cot N sur 50 ares.

 

L’ensemble des vignes mères de matériel de base B de l’AOC Cahors en sélection clonale, soit les clones 594, 595, 596 et 598, mis au point par le CETA de LUZECH et la Chambre d’Agriculture du Lot, ainsi que les 2 clones d’obtention bordelaise (clones 42 et 46) seront greffés par nos soins chez Mr DOLS à St Géry en présence de l’ONIVINS pour différents pépiniéristes et vignerons locaux.

 

C’est donc le CETA de Luzech qui, depuis l’origine, avec le concours de l’INRA, de la Chambre d’Agriculture du Lot et le bénévolat des vignerons coopérateurs, a permis la réalisation du vignoble de Cahors. L’ensemble de ce travail de sélection sérieux et minutieux a permis de fournir 80% du vignoble actuel, à chances égales, sans aucune préférence pour les négociants, les coopérateurs ou les particuliers.

Ont participé avec leurs compétences techniques : Mr POUGET, directeur de l’INRA de l’époque, Mr Philippe LECLAIR, Mr José BAUDEL, Mr Jean-Pierre PELISSIE, et Mr Francis LAFFARGUE, associant leurs structures : INRA, (Bordeaux), Cave Coopérative des Côtes d’Olt à Parnac, et Chambre d’Agriculture du Lot.

 

C. Sélection récente et actuelle

 

La sélection sanitaire du Cot N, ou Malbec N, principal cépage de l’A.O.C. Cahors, est toujours en cours, avec comme objectifs :

                    la conservation du patrimoine génétique du Cot N,

                    la mise en évidence du comportement de nouveaux clones de Cot N

                    la fourniture de références régionales et locales pour le choix des clones de Cot N

                    communiquer et sensibiliser (viticulteurs, personnes extérieures…)

 

  

            1. Sélection  cadurcienne

 

De 1990 à 2000, les 180 têtes de clones de Cot N présentes dans le conservatoire de la Ferme Départementale ont été soumises à études, observées (sensibilité aux maladies cryptogamiques, à la coulure, rendement...) vinifiées (à raison de 10 clones/an) et dégustées, conduisant à la sélection de 5 « potentiels nouveaux clones », originaux, moins productifs, apportant des notes typées et racées dans les vins de Cahors.

 

Des tests sanitaires ont été réalisés pour être certain de travailler avec un matériel végétal sain, non virosé.

 

En avril 2003, ces 5 nouveaux clones ont été placés en collection d’étude sur le site de la Ferme Départementale. De 2005 à 2010, ils ont à nouveau été observés (précocité au débourrement, observations ampélographiques (forme et taille des feuilles et des grappes), sensibilité aux maladies cryptogamiques, à la coulure, contrôles de maturité, rendement...) vinifiés (à raison de 10 clones/an) et dégustés.

 

Au terme de ces 5 années d'étude, deux clones sont apparus particulièrement intéressants sur le plan viticole et œnologique. Fin 2010, un dossier de demande d'agrément reprenant l'ensemble des observations, notations et résultats de dégustation depuis 2005 a été déposé au C.T.P.S. pour ces 2 clones. Ils ont été agrée sous les numéros 1127 et 1128. Une parcelle de pré-multiplication de ces clones sera prochainement mis en sur le site de la Ferme Départementale afin de fournir les vignerons désireux d'en planter.

 

Ces 2 nouveaux clones de Cot N portent donc à 18 le nombre de clones de Cot N agrées au C.T.P.S. (dont 9 de significativement diffusés)

 

            2. Sélection  tourangelle

 

En avril 2003 également, d’autres clones « potentiels » issus de la région Centre (Collaboration avec la Chambre d’Agriculture du Loir et Cher – 41) ont été mis en conservatoire sur le site de la Ferme Départementale. Il s’agit de clones de Cot N dits « précoces », considérés comme tels par la CA 41 et observés comme tels chez plusieurs viticulteurs du Loir et Cher.

 

Le travail de prospection a été effectué avec le concours de FranceAgrimer et des Chambres d’Agriculture du Loir et Cher (Michel, BADIER) et du Lot (Francis LAFFARGUE).

 

Les clones potentiels ont été sélectionnés chez différents viticulteurs. Au final, 29 têtes de clones (clones potentiels) issues de 3 familles ont été implantées dans le Lot après les vérifications sanitaires de rigueur.

 

Pendant 3 ans, ces 29 clones ont été suivis, observés, notés et des contrôles de maturité ont été réalisés. Ce travail a conduit à isoler les 6 clones les plus qualitatifs de chaque famille. Depuis 2011, ces clones sont récoltés, vinifiés et dégustés séparément. Les critères de précocité à la récolte observés en Touraine se confirment dans le Lot (environ une semaine d'avance à la récolte).

 

Au terme de 2 années complètes de suivi, des différences d'appréciation apparaissent très nettement entre familles mais également entre clones au sein d'une même famille. Il semblerait que l'on retrouve plus d'arômes variétaux dans les vins issus de ces clones potentiels, parfois proches des « thiols », rappelant parfois le Cabernet Franc.

 

Au terme de 5 années complètes de suivi, selon les résultats obtenus, un ou plusieurs clone(s) de chaque famille pourra (pourront) être présenté(s) au C.T.P.S. pour demande d'agrément.

 

            3. Sélection  argentine

 

En 2006, un voyage d'étude en Argentine a permis la prospection et le repérage de souches de Cot N « intéressantes ». Ces souches (18) ont ensuite été repérées par l'ENTAV puis introduites en France et mises en quarantaine à l'INRA de Clermont-Ferrand après réalisation des tests sanitaires obligatoires.

 

Les résultats de ces tests n'ont permis de récupérer que 10 plants sains en sortie de quarantaine (8 plants virosés sur 18, soit 45% des plants introduits). Ces plants ont récemment été mis en collection d'étude sur le site de la Ferme Départementale, sur une parcelle du CETA de Luzech. Ils seront comparés aux clones cadurciens dans les conditions de production imposées par le décret AOP Cahors : plants greffés (Riparia GM) non irrigués, vignoble palissé. La densité de plantation est de 5000 pieds/ha.

 

Les vins de Cahors sont très souvent comparés aux vins argentins, simplement parce que le cépage est le même et qu'il est très à la mode depuis quelques années sous le nom de Malbec. On peut même lie, parfois, que le cépage de Cahors est le Cot N alors que le cépage argentin est le Malbec N, ce qui expliquerait certaines différences... Pourtant, dans la mesure où les conditions de production sont complètement différentes entre nos deux continents, ces comparaisons n'ont de valeurs ni scientifiques, ni techniques. En effet, les vignes argentines sont irriguées et franches de pieds (non greffées), sans compter le fait que la réglementation œnologique en terme de techniques ou d'additifs autorisés dans le vin n'est pas la même qu'en France.

 

Avec le nouveau dispositif qui vient d'être mis en place sur le site de la Ferme Départementale, entre 2015 et 2020, il sera alors possible d'avoir des comparatifs ampélographiques, viticoles et œnologiques (nez + bouche) sur un même terrain et avec les mêmes règles de conduite viticoles et œnologiques : celles de l’AOP Cahors.

A suivre... 

 

C. Production de greffons

 

Avec le CETA de Luzech, dont le rôle dans l’historique de la mise en place de l’appellation a déjà été mentionné, la Ferme Départementale a produit jusqu'à 1 million de greffons par an, avec une moyenne de 300 000 greffons par an (Cot, Merlot, Tannat et Ségalin) sur 30 ans.

L’ensemble de ce travail de sélection minutieux et sérieux a permis de fournir 80% des plants du vignoble actuel (environ 40 millions de greffons vendus depuis 1971 pour la plantation du vignoble de Cahors : 4000 ha). Ces greffons ont été fournis en priorité aux pépiniéristes lotois et aux pépiniéristes fournisseurs des vignerons lotois.

 

Sur 15 ha de vignes mères de multiplication de Cot N (matériel certifié) existant en France, 7,5ha sont plantées dans le Lot, dont 2,5ha à la Ferme d'Anglars-Juillac.

 

Cette activité de production de greffons nécessite évidemment un travail d’inventaire régulier des pieds manquants (comptage) dans chaque parcelle et d’auto-contrôle pour certifier la qualité sanitaire des greffons. Ces contrôles, auparavant à la charge de FranceAgriMer, sont désormais sous la responsabilité des professionnels tant au niveau financier qu’organisationnel. Les prélèvements s’effectuent par parcelle unitaire. C’est le nombre de souches de la parcelle unitaire qui détermine le nombre de prélèvements de sarments à effectuer pour avoir une représentativité suffisante (maillage régulier sur l’ensemble de la parcelle) pour valider les résultats des tests. Il en va de la responsabilité de chaque professionnel.

 

Si l’on se reporte à l’historique du CETA et en particulier à l’historique de la sélection sanitaire du Cot N dans l’appellation, ainsi qu'à la masse de travail qu’a nécessité la mise en place des collections et conservatoires actuels de Cot N, il apparaît indispensable de préserver cette sélection et de la maintenir saine.

  Cette activité de production de greffons nécessite évidemment un travail d’inventaire régulier (comptage) des pieds manquants dans chaque parcelle et d’autocontrôle pour certifier la qualité sanitaire des greffons. Ces contrôles, auparavant à la charge de VINIFLHOR, sont désormais sous la responsabilité des professionnels tant au niveau financier qu’organisationnel. Les prélèvements s’effectuent par parcelle unitaire ; c’est le nombre de souches de la parcelle unitaire qui détermine le nombre de prélèvements de sarments à effectuer pour avoir une représentativité suffisante (maillage régulier sur l’ensemble de la parcelle) pour valider les résultats des tests..

Si l’on se reporte à l’historique du CETA et en particulier à l’historique de la sélection sanitaire du Cot N dans l’appellation et à la masse de travail qu’a nécessité la mise en place de la collection actuelle de Cot N, il apparaît indispensable de la préserver et de la garder saine..

 

D. Et demain...

 

Les récentes analyses du génome de la vigne en 2009 ont permis de connaître les parents du Cot N : Le Prunelard N comme père (cépage qui a presque disparu (7ha répertoriés en France depuis 1958) et sans clone agrée à ce jour) et la Magdeleine Noire des Charentes comme mère (cépage très ancien mais inconnu en collection).

 

Les objectifs de la sélection sanitaire de demain pourront être : la caractérisation de la diversification génétique des conservatoires et des collections d'étude des clones de Cot N, la valorisation clonale ou polyclonale, la création variétale par métissage (croisement entre cépages) pour de nouveaux cépages complémentaires au Cot N ou par hybridation (croisement entre vitis) pour de nouveaux cépages résistants aux maladies fongiques.

 

Il est évident que la sélection est indispensable pour préserver la qualité sanitaire et la diversité génétique d'un cépage ou d'un porte-greffe. C'est un travail minutieux, parfois fastidieux, et dont les résultats ne sont pas immédiats, ni médiatiques, mais elle est garante de la sauvegarde génétique du matériel végétal que nous avons reçu en héritage. Elle ne doit jamais s'arrêter.