Dans un souci permanent d’amélioration de la qualité et de valorisation des Vins de Cahors, la Ferme Départementale participe à différents programmes de recherches et d’expérimentations viti-vinicoles en liaison technique avec de nombreuses autres chambres d'Agriculture (chambres départementales ou régionales) et des structures locales telles que la Cave Coopérative des Côtes d'Olt à Parnac, mais aussi avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV); la FREDEC (Fédération RÉgionale contre les Énnemis des cultures); l'INRA (Institut National de la recherche Agronomique) centres d'Angers, Bordeaux, Clermond-Ferrand, Colmar, Dijon, Grignon-Versailles, Montpellier; différentes Universités / Facultés : Université de Toulouse Le Mirail, École d'Ingénieurs de Purpan, École Nationale Supérieure d'Agronomie de Toulouse, Facultés de géographie de Limoges et de Bordeaux; l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de Bordeaux, le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), différents laboratoires de Recherche, différents producteurs ou distributeurs de produits œnologiques, phytosanitaires, etc...

Tous les résultats des essais sont consultables à la Ferme Départementale.

Expérimentations viticoles concernant :

  • l’effeuillage : détermination de la date et de l’intensité optimales,

  • la détermination des hauteurs de rognage et des surfaces foliaires idéales dans les conditions pédo-climatiques propres au vignoble, 

  • la lutte raisonnée (modèle MILVIT – stations météorologiques),

  • l’enherbement inter-rang : mise en place de semences différentes en fonction du sol ; description de la couverture floristique d’inter-rangs dont la composition de l’enherbement initiale est connue pour mettre en évident la vitesse de « salissure » de l’enherbement, mise en place de semences fleuries pour favoriser la biodiversité,

  • l'entretien du sol inter-rang et sous le rang : travail mécanique du sol sous le rang (lame, tournesol...), enherbement sous le rang et entretien associé (faucheuse...),

  • l'adaptation des itinéraires culturaux (fertilisation) en fonction du produit final (AOP, IGP)...

  • l’utilisation de nouveaux produits de traitements phytosanitaires, fertilisants ou amendements, plus respectueux de l’environnement et plus adaptés aux besoins de la vigne en fonction du climat et du sol, de nouvelles molécules naturelles pour lutter contre le stress hydrique ou favoriser les défenses naturelles de la vigne (éliciteurs), etc…

    

    

Expérimentations œnologiques :

  • essais de nouvelles levures,

  • essais de pigeage pour améliorer la qualité des tannins,

  • essais de filtration tangentielle pour mettre en évidence les avantages et les inconvénients de ce type de filtration sur les vins de Cahors,

  • essais d’élevage et de vieillissement sous bois dans des contenants de volumes différents (barriques traditionnelles de 225L, fûts de 300L, 450L), et d’origines de bois (chêne) différentes : France, Russie, États-Unis …

  • essais de rénovation de barriques avec démontage complet de la barrique, ponçage, nouvelle chauffe et re-cerclage

  • essais de vinification et d’élevage avec copeaux,

  • recherche d'adaptation des itinéraires de de vinification en fonction du terroir : thermovinification, macération pré-fermentaire à basse température pour obtenir des vins fruités et souples, faciles à boire, et rapidement consommables.

  • étude du potentiel en sulfure de diméthyle des raisins et des vins de Cot et recherche de l'aptitude de cet indicateur pour déterminer le potentiel de garde des vins rouges à base de Cot. Ce composé est notamment responsable de l'arôme de truffes que l'on retrouve dans les vins de Cahors vieux.


Expérimentations « clones x porte-greffes » :

Le SO4 est le principal porte-greffe de l’appellation car à l’époque de la reconstruction du vignoble de Cahors dans les années 1950, il était le plus diffusé (mis en avant par l’INRA). A l’époque, les objectifs étaient surtout des objectifs production (quantité), ce à quoi répondait le SO4 (porte-greffe productif, vigoureux). Aujourd’hui, les objectifs sont des objectifs de qualité, et l’on cherche toujours la meilleure adaptation entre le porte-greffe et le terroir. Les expérimentations de clones sur porte-greffes menées à la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac ont donc pour objectifs :

  • à court terme :
    - de vérifier les compatibilités clone/porte-greffe,
    - d’étudier les potentialités des combinaisons clone/porte-greffe,
    - de comparer le SO4 à d’autres porte-greffes,
    - de définir les porte-greffes les plus adaptés à chaque terroir,
    - de définir les porte-greffes les plus propices à la meilleure expression de la qualité du cépage Cot N ;

  • à long terme :
    - de sélectionner des porte-greffes susceptibles de remplacer le SO4 et contribuer ainsi à diminuer la vigueur et les excès de production,
    - de permettre de replanter des vignes à fort dépérissement par des vignes jeunes, saines, avec des porte-greffes adaptés aux terroirs,
    - d’étaler les dates de précocité des vignes au débourrement, à la floraison et à la vendange, notamment pour moins dépendre des aléas climatiques. En effet, tous les portes greffes n’ont pas les mêmes précocités, les mêmes sensibilités au gel, etc… Au sein d’une propriété par exemple, le fait d’avoir différents porte-greffes permet de minimiser ces risques et ainsi, de toujours garantir une production minimum. Il en est de même pour les clones. Pour les mêmes raisons, il peut même être envisagé une diversité des clones au sein d’une même parcelle.

Différentes combinaisons clone/porte-greffe, avec les 6 clones de Cot N les plus présents dans l’appellation et homologués par le CTPS (clones 42, 46, 594, 595, 596, 598) ont ainsi été testées au champ. Les porte-greffes testés sont : 3309C, SO4, 110R, 420A, GRAVESAC, 101-14MG et RIPARIA.



Suivi de l’évolution des maladies du bois du Cot N à Cahors


En France, trois principales maladies du bois affectent aujourd’hui la vigne : l’eutypiose, l’esca et le black dead arm (BDA).

 

L’eutypiose est un dépérissement bien identifié caractérisé par une végétation rabougrie (entre-noeuds courts), des nécroses marginales de feuilles ou des jaunissements (chloroses). Ces symptômes bien visibles au stade 8 – 12 feuilles sont associés au développement d’un champignon lignivore dans le bois : Eutypa lata, formant des nécroses sectorielles.


L’esca et le BDA sont deux syndromes qui présentent une grande similitude de symptômes foliaires observables à partir de juin pour le BDA et plutôt en juillet pour l’esca. Ils sont caractérisés par des colorations du feuillage et des dessèchements (formes lentes). Les symptômes les plus graves conduisent à d’importants flétrissements (formes foudroyantes). Ces maladies sont également associées au développement de différents champignons dans le bois de la vigne. L’esca est depuis longtemps associée à la présence d’un cortège fongique (Phaeomoniella chlamydospora, Phaeoacremonium aleophilum, Fomitiporia editerranea, Eutypa lata, Botryosphaeria spp.) se développant dans des nécroses internes (sectorielles, centrales ou mixtes). Le BDA est par contre associé à la présence de champignons appartenant au genre Botryosphaeria dans des nécroses externes plus ou moins profondes et longitudinales affectant le jeune bois. Ces syndromes sont souvent considérés comme très complexes car la relation entre les différents types de nécroses et les symptômes foliaires n’est pas encore bien établie. De plus, il existe une grande variabilité d’expression des symptômes d’une parcelle à l’autre. Si l’âge des parcelles et la sensibilité des cépages sont des facteurs de variabilité importants et connus, ces dépérissements sont vraisemblablement favorisés par d’autres facteurs culturaux et environnementaux qu’il convient d'étudier.

C'est le but de l'observatoire national mis en place depuis 2003. Cet observatoire national pluriannuel des symptômes des maladies du bois a été mis en place avec l’ensemble des partenaires techniques de la filière viticole : FranceAgriMer, DRAAF (Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt), Chambre d’Agriculture, Syndicats, ITV, FREDEC (Fédération RÉgionale de Défense contre les Ennemis des Cultures)…. L’observatoire a été mis en place en 2005 dans 5 vignobles de la région Midi-Pyrénées : Gaillac, Gers, Cahors, Fronton et Moissac, sur 5 cépages, respectivement : le Braucol, le Colombard, le Cot, la Négrette et le Chasselas. Dans le département du Lot, le projet est coordonné par la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac. Depuis 2009, ce suivi est inscrit dans la cadre d'un projet national intitulé "Impact des choix culturaux des viticulteurs sur le développement des maladies du bois" et piloté par la Chambre régionale d'Agriculture du Languedoc-Roussillon.

 
La méthodologie générale consiste, pour chacune des 30 parcelles du réseau à établir une fiche de caractérisation comprenant : la région et le vignoble, la référence cadastrale et le n° d’ordre de la parcelle dans l’observatoire, la commune, le lieu dit, les coordonnées du propriétaire, le cépage, le clone, le porte greffe (et son clone), l’année de plantation, le mode de conduite (indiquer si il a changé, et si oui, l’année de ce changement), l’appréciation de la prophylaxie, la description succincte des mesures prophylactiques mise en œuvre, « l’historique arsénite de soude » entre 1999 et 2001 (date d’application, spécialité, dose…), les autres observations éventuelles (plantation en pots ou avec des greffé soudés, période de taille…). Dans chaque parcelle, 10 placettes de 30 ceps ont été identifiés. Les 300 ceps de chaque parcelle sont observés individuellement deux fois par an : en juin pour l'Eutypiose et en août/septembre pour l'Esca et le BDA (Black Dead Arm).

Les objectifs sont avant tout d’apprécier l’évolution de l’expression des symptômes sur notre principal cépage : Le Cot N et de voir s'il est possible d'établir des corrélations entre l'historique, la nature des sols, l'influence des modes de conduite, les conditions météorologiques de chaque millésime, etc... et la fréquence et l'intensité des maladies du bois, véritable fleau pour lequel nous ne disposons aujourd'hui d'aucune solution.


Suivi et lutte contre les phytoplasmes de la vigne Flavescence Dorée et son vecteur Scaphoïdeus sur le vignoble de Cahors

 

La Flavescence dorée est une maladie de quarantaine, à l'origine de pertes de récolte importantes, aux conséquences parfois irrémédiables pour la pérennité du vignoble. La Flavescence dorée est identifiable par observation simultanée de plusieurs critères : retard au débourrement, rougissement ou jaunissement selon les cépages du feuillage, bois mal ou non aoûté, dessèchement des grappes ("coulure") et pertes de récolte. Ces symptômes sont localisés sur une partie de la souche ou concernent la totalité du cep.

La cicadelle vectrice de la flavescence dorée Scaphoideus titanus appartient à l’ordre des homoptères et est originaire des Grands Lacs aux USA. L’importance de cet insecte dépend de la présence simultanée du phytoplasme de la flavescence dorée et de la cicadelle qui en est vectrice.

En France, tout cas de flavescence dorée doit être déclaré auprès des Services de la DRAAF et les ceps atteints doivent impérativement être arrachés. La réglementation impose l’arrachage des parcelles dont la proportion de ceps atteints dépasse un certain seuil (20 ou 30 % en général).

En zone contaminée (zone définie par arrêté préfectoral) la lutte contre l’insecte vecteur est obligatoire, même pour les vignerons en Agriculture Biologique. Cette lutte systématique repose sur 3 traitements insecticides en période de végétation à des dates bien définies et précisées chaque année dans les messages réglementaires de la DRAAF :
- 1er traitement : 1 mois après les premières éclosions, lorsque les premières cicadelles deviennent infectieuses
- 2ème traitement : en fin de rémanence du premier insecticide
- 3ème traitement : il vise les adultes venant d’autres vignes 

Tous les résultats de nos recherches et expérimentations sont présentés sur place sous forme de posters ou de parcelles de démonstrations

Chaque année, l'association organise d'ailleurs des journées de démonstration de matériels divers (entretien du vignoble, entretien du sol, machine à vendanger, vinification, filtration des vins...).

Chaque année, l'association participe également à la manifestation nationale de la fête de la science (http://www.fetedelascience.fr/). Ces journées portes-ouvertes à destination de tous publics (scolaires, groupes oenophiles, amis, amateurs, curieux, familles...) sont l'occasion de venir découvrir l'association et ses activités.

N'hésitez pas à nous contacter toute l'année.